MATUVU

À LA ROUTE DU ROCK ÉTÉ 2009

The Missing Season Live & Friends

Photo : Jenny Stampa

Aspirine?

Le collectif Effervescence était mis à l’honneur de cette dernière Route Du Rock. Il était donc de bon ton de leurs poser quelques questions afin de mieux percer cette petite mine d’or indie… Éric Pasquereau, leader des Patriotic Sunday nous réponds.

patriotic



Pour commencer, petite histoire du Collectif “nantais” Effervescence? Quelle initiave? Dans quelles conditions… ect?



Le collectif Effervescence s’est créé au début des années 2000 avec des CD-R et des pochettes faites à la main, autour de Julien qui est le gestionnaire du Collectif. L’idée est de s’inspirer de la création indie américaine et européenne des années 80/90 notamment des labels Dischord, Touch and Go, Warp, Domino, Mego…(il y en a beaucoup). Les premières sorties officiels ont été des 7” puis des albums mais ce n’est qu’à partir de 2005 que les choses sont devenues plus sérieuses. Des albums comme “Trans Panda” de Room204 ou “Lay Your Soul Bare” de The Patriotic Sunday ont vraiment mis le label en évidence. A la même époque, un tourneur s’est créé à l’initiative de Chevreuil et de Julien appelé Murailles Medias qui a permis aux groupes de faire plus de concerts et donc de se diffuser plus largement. Aujourd’hui, le label a sorti une vingtaine de références distribuée sur plusieurs continents.


Les groupes sont divers et variés de l’électro brutale de Chevreuil à la pop mélodique de Faustine Seilman, quelle est donc la philosophie du Collectif-Effervescence?


C’est marrant j’avais jamais pensé à Chevreuil comme de l’electro brutale mais pourquoi pas en fait ça leur va plutôt bien même si tout est joué avec des vrais instruments…Ce que les acteurs du Collectif ont en commun est une même esthétique, la même volonté de ne pas calculer, de ne faire aucun compromis. Le style musical n’est pas primordial pour nous, ce n’est pas un label de genre, nous avons tous des goûts variés. Steve Reich est aussi important que Jonathan Richman qui est aussi important qu’Angus Young.


Peut-on parler d’une scène “underground” Nantaise actuellement? Si oui, quel sont les lieux de concerts? Quel est son fonctionnement?

Nantes étant la ville du Tram, le niveau underground n’existe pas. Je ne sais pas ce que tu entends par scène, mais il y a des groupes, des labels, des lieux… des gens se connaissent, s’apprécient ou pas, et voilà… Le seul avantage d’être à Nantes est de pouvoir peaufiner et progresser artistiquement sans être trop exposé. Les lieux sont variés, les gens vont plus voir les groupes que traîner dans un lieux enfin j’espère. je t’en cite en vrac : Bitche, Olympic, Pôle Etudiant, Fouloir, Spoutnik, Ferrailleur, Blockhaus…Chaque lieu a son fonctionnement propre entre les salles subventionnés, bar, squatt…comme partout ailleurs.




Et par rapport à la Route du Rock? Quelles ont été vos impressions de participer à un tel festival?


Je suis content d’avoir joué au même festival que Bill Callahan. C’était agréable de jouer sur la plage, c’était le 4ème concert de la nouvelle monture en groupe de The Patriotic Sunday, donc on ne maîtrise pas encore complètement notre sujet mais ça va venir assez vite. Je pense que le fait de jouer a la route du rock permet peut-être aussi de toucher un public plus large et de sensibiliser les professionnels…après c’est le monde des affaires.




Sinon des projets pour l’année à venir?


Les projets actuels sont :

- le 16 Septembre sortie du “Travail” de LA TERRE TREMBLE !!!
- le 19 Octobre sortie de “Characters” de The Patriotic Sunday

Il y a aussi “The Mentor” de My Name Is Nobody sortie en Juin.
Ces trois albums sont parmi les mieux réalisés des sorties Effervescence à ce jour. Pour ma part, il y a des concerts et tournées avec PAPIER TIGRE en France et à l’étranger notamment en Asie (Japon et Chine) et on essaye de préparer une tournée pour The Patriotic Sunday un peu partout en Europe pour 2010.
Pour le reste, un nouveau disque de Faustine Seilman est en préparation…

(Propos receuillis par Mademoiselle Riposte)

Expression écrite : rédaction

mais

Paris 14h30, on se fait prendre en covoiturage par un flic; il nous achève de ses propos sur la sécurité routière, sur les jeunes et la drogue et autres banalités tirées du journal de treize heure sur TF1 sur fond de Michel Sardou et Roch Voisine. Il nous propose même un blind-test où l’on doit deviner les publicités associées à la chanson qui passe. Je lui répète plusieurs fois que je ne regarde jamais la télévision. Il insiste et nous donne même des pistes :

“allez c’est pas difficile, ça!? Une marque de voiture française, non pas celle qui porte le nom du chanteur, ni celle avec le fauve, non l’autre… Le modèle c’est un grand artiste qui sait pas peindre….

oui, oui Citroën Picasso”

Le mec a tout juste trente berges et se prend déjà pour Lucien Jeunnesse, la claque! Tout d’un coup les trois premières notes de “Sunday Morning” du Velvet Underground résonnent dans l’habitacle de la Xantia.

” Laissez, s’il-vous-plaît” et on tente de faire semblant de pioncer pour qu’il nous lâche la grappe. Le Mont St Michel nous cligne de l’œil à l’horizon.

St Père Marc-en-Poulet, le soleil déchire le ciel et nous pouvons voir déjà nos camarade du Twist Komintern et du groupe Van der Sar se ruer vers le site où se produisent les Crystals Stilts. Groupe originaire de Brooklyn, Crystals Stilts est fortement influencé par le Velvet ou Les Modern Lovers et produit une garage pop sombre et hypnotique. Nous posons pied au camping, on s’envoie quelques bières avant de courir voir Deerhunter. Pendant le concert mon ami Cameron me fait un topo sur la maladie du chanteur Bradford Cox , le syndrome de Marfan dont était atteint aussi Joey Ramone. Le début du set me déçoit, ils ont accéléré tous leurs morceaux mais se calment au moment du fameux titre “Nothing will ever happen to me”… Deerhunter est planant, c’est une dimension sonore exceptionnelle, un rejeton du shoegaze sans le pédant intello chiant. Il y a quelque chose de mélancolique et de contemplatif… mon cœur se resserre à chaque accord, un moment historique se passe devant mes yeux, l’avènement de Deerhunter sur le public indie français.

On zappe Tortoise au bout de deux morceaux. Le post rock, pas ma tasse de thé, c’est aussi chiant qu’un dimanche de Toussaint en famille devant un roast-beef et patate crignes après avoir fait le tour des cimetières de la connurbation Guingamp-Ploumagoar.

Un troupeau de chemises à carreaux, jeans, converses, tee-shirts improbables marchent calmement en procession pour la grande communion Shoegaze. Certains prophètes avec ou sans barbe, prédisent déjà la catastrophe. “My Bloody Valentine”, ça va être pourri!” Le concert sera un crescendo de larsens qui défoncera les oreilles les plus délicates, un mélange caustique entre It ain’t anything et Loveless dont l’intro de ce dernier provoquera l’excitation d’un bande de cons pogotant au milieu de la foule. Je veux pas faire ma connasse mais shoegaze et pogo c’est un peu comme Leonard Cohen et Metallica. Le mur du son durera environ une dizaine de minutes (cf bootleg) c’est beaucoup moins qu’a l’époque mais c’est tout aussi éprouvant, je vous l’assure. Le premier rang se retrouve à se protéger les oreilles avec les mains. C’est insupportable mais c’est tellement bon de voir Kevin Shields qui métamorphose sa guitare quasi désaccordée en engin de guerre sur fond de batterie qui arrive à peine à le suivre.

Snowmen, remplaçants de The Horrors : chiant, bancal et surtout pas préparés à affronter un public ayant perdu 10% de son audition, ayant pour seule envie de rentrer au camping se bourrer la gueule au mauvais vin, au son d’un lecteur CD diffusant des morceaux extraits des compilations Rough Trade et Bippp, entre autres.



Le soleil matinal a réveillé les festivaliers qui se pressent d’embarquer dans les navettes direction la plage. Cet après-midi le collectif Effervescence sera à l’honneur sur la plage Notre Dame de Bon-secours avec Dj set et concert des Nantais The Patriotic Sunday (interview à paraitre). Au palais du grand-large The Present, duo de deux synthétiseurs met tout le monde d’accord. Multiples effets de pédales, qui transportent le temps d’une sieste entre sonorités futuristes et printanières. Le groupe suivant Forest Fire produit un post rock contemplatif aux mélodies somnifères. Retour à Fort St Père où tout le monde attend Camera Obscura, à ce moment je suis en conférence avec Peaches, l’enfant roi. Ses discours féministes intellos du début des années 2000 ont laissé place à une vraie chieuse, mais elle propose une intéressante question : “Existe t-il une conduite féministe masculine actuellement?” Elle demande qu’on s’intéresse à son nouvel album et non à son coté sexy/provoc… La diva en a-t-elle assez de son image qu’elle a tant cultivée à ses débuts? Le fameux chroniqueur de Rue 89 Charles Mouloud lui annonce qu’il ne connaît « ni son CD, ni son coiffeur », et lui demande de ce que son album propose de plus que les autres « Des fiches cuisine, ou de bricolage, un patron pour faire ses fringues, ou des conseils capillaires ? Ça permettrait aux festivaliers fauchés de faire de économies après avoir participé au paiement de ton cachet ? » Et cette dernière lui rétorque : « Il y a un manuel pour que tu puisses te mettre deux tampons dans ton cul ! » Bravo Charles, le seul journaliste qui a réussi à se dépatouiller avec la terrible Peaches. Car outre les débats entre cul, provoc’ et glitters, cette conférence de presse était stérile. Hélas oui…

Il fut un temps où les dires des rock stars influençaient l’avenir de la musique. Maintenant nous en sommes à quelque chose de pantois. Le journaliste pose ses questions et la rock star joue son rôle de rock star, et tout le monde est content comme ça. C’est bien triste…

The Kills donnent un concert transcendant et prouvent l’efficacité légendaire du duo. Un air de déjà vu et de MTV car les tubes s’enchainent mais le charisme de VV et Jamie est convaincant et le public en est dingue. Et voici Peaches qui a bien assimilé la leçon des POP STARS comme Madonna ou Prince. Un show terriblement 80’s qui me fait oublier l’horrible conférence de presse. Moult changements de costumes, dont le remarquable body aux ailes de chauves souris qui servent de toiles de projection à des nyphettes représentant Peaches qui suivent les chœurs. Le moindre beauf sera subitement tombé en émoi devant la bombasse de guitariste à la parure SM ou encore de ses danseuses, qui s’avèrent être des Freaks en bikini à la coupe afro blonde platine susmentionnée. Peaches saute partout, elle est la reine de la scène. On est à Wi’men Land, là où règne Peaches avec ses leggings d’or et son maquillage d’Arlequin. Le groupe qui suit est chiant alors migration vers le bar, où soudainement un anglais m’interpelle en raison de mon tee-shirt Death Set, là on se met à blablater du bouillon de culture qui se passe outre-atlantique, de Brooklyn, d’avant-garde et de groupes fabuleux tels Japanther, No age, etc… et là se pointe le mec le plus classe du festival, on dirait Johnny Cash. Avec Cameron on n’en revient pas, c’est Jamie des Kills, on reste scotchés mais je n’ose pas adresser la parole au mec qui a baisé Kate Moss, j’ai déjà eu assez de la pseudo arrogance de pacotille de l’impératrice “pêche”.

Dimanche réveil difficile, le marathon reprend. Cet après-midi, il faudra choisir entre Telepathe au Grand Large et The Missing Season sur la scène SFR Jeune Talent. J’irai supporter les Missing Season qui sont en formation amplifiée avec à la basse un ancien Lafayette et à la batterie un membre de Fordamage. Le groupe est crevé par les festivités mais le talent y est, on pense à Panda Bear, à CCR, c’est vachement bien. Ils sont rapidement rejoint aux claviers par le nantais Jonathan Seilman des Patriotic Sunday, décidément La Route du Rock met à l’honneur le Collectif-Effervescence cette année. Bref après, je m’apprête à me prendre une claque devant le groupe dont tout le monde parle cette année, GANG GANG DANCE, les balances trainent, le look weirdos de la chanteuse vêtue d’un sarouel et de stilletos SM font patienter le public. Le son est monumental, les jeux de percussions sont délirants, violent et le freak en méditation posté au milieu de la scène sème le trouble, des rangées se vident… Je croise à la sortie un membre de Splash Waves qui me fait signe que c’était rasoir… En effet rasoir, mais après ré-écoute de l’album qui est excellent, je me demande si nos oreilles étaient prêtes pour cette musique tellement d’avant-garde. En tout cas l’autre moitié de Splash Waves est le seul que je connaisse à avoir dit que c’était génial.
Retour sur le site du festival où j’apprends que notre ITW  avec Autokratz est annulée. Tant pis ce sera Simian en conférence de presse, qui nous annoncent leur futur dans un délire plus techno instrumental, beaucoup moins donc de remixes et autres mignardises pour dancefloor. Back to Warp basics comme LFO, Aphex Twins? Ils espèrent et veulent produire un son qui assimile leurs références qu’elles soient rock ou electro, à suivre…

Le dandy nantais Dominique A donnera un de ses plus beaux concerts qui s’achèvera avec Le Silence des Oiseaux, certains kids ne comprennent pas mais le public indie, biberonné aux émissions de Bernard Lenoir est bien là, c’est magique… Va pour Grizzly Bear, concert juste, et annonce avènement du groupe. Les chœurs à l’influence Beach Boys revendiquée mettent le public en émoi, il n’y aura pas hélas de reprise du fameux “He hit me” mais le ton reste émouvant. S’en suit de l’electro avec Simian Mobile Disco et Autokratz, je vous fais pas un dessin, l’electro si t’as pas deux grammes dans le sang, c’est mort sauf que le duo Autokratz peut avoir quelque chose d’intéressant à observer, en effet le jeu de scène du chanteur est assez captivant surtout les mouvements de danse inventés sans doute lors d’une partie de ski alpin quelques hivers auparavant. Une dernière montée de basse, quelques beats vomitifs car cette année la Route du Rock avait une sonorisation aux basses réglée à la fréquence sonore d’un marteau piqueur. Les V.I.P partent tranquillement pour la fameuse after dans l’espace qui leur est attitré, fin de festival beaucoup plus calme que la précédente année, sans doute dû à l’esprit “shoegaze”, mot à la mode du festival de cette année, entendu de la bouche de plus d’un et plus d’une pour qualifier tout et n’importe quoi, si, si, si… Vers quatre heures du mat, quelques derniers volontaires originaires de Jersey essayent d’agiter le camping tant bien que mal.

Le lendemain, il fallait rentrer à Paris, retrouver la puanteur du métro, mais lorsque je croise les vendeurs de maïs transgéniques grillés au pétrole de la station La Chapelle, soudainement me vient le flash du Fort St Père bordé de ses champs de maïs et me vient l’envie de geeker sur myspace afin de retrouver Deerhunter, Gang Gang Dance ou Grizzly Bear. Mais tiens d’ailleurs, les Transmusicales, c’est pour bientôt, non?

Mademoiselle Riposte!

Photo : Cameron Frye

LA ROUTE DU ROCK see by Cameron Frye

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Bootleg du final du concert de My Bloody Valentine.

LES PHOTOS

Elles arrivent bientôt…bientôt…bientôt…

PEACHES

Peaches se la péte, elle se la joue Riot Grrrl en exhibant ses poils. Elle fait ses Aftershow au Regine’s et fait du Karaoké du Lola des Kinks. Elle était marrante au début des années 2000 lorsqu’elle agitait un gode ceinture sur scène en hurlant “shake your dick, fatherfucker”. Copiée et surtout parodiée de tous, voici quelques “tributes” de son plus grand tube “I don’t give a fuck” où elle sampla le fameux hit “Bad Reputation” de Joan Jett.

N°1 Gay Bear Version

N°2 Punky Pig Version


N°3 Adolescents Acnéiques et Amoureux Version


Mademoiselle Riposte.

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